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Un nouveau paradigme dans l’offre de services de proximité

La plupart des systèmes de santé de notre environnement ont, notamment durant les années de croissance économique, facilité la construction d’un grand nombre d’hôpitaux avec l’objectif de favoriser l’accessibilité physique des centres à la population. Ces centres hospitaliers, appelés de proximité, répliquent généralement à plus petite échelle le portefeuille de services des hôpitaux plus spécialisés. Dans un contexte de contrainte budgétaire, ce modèle est-il adapté pour répondre aux besoins de la population de façon efficiente ?

Au préalable, il est nécessaire de se poser deux questions avant de réfléchir au modèle de prise en charge que nous voudrions proposer : la population souhaite-t-elle une organisation hospitalière comme l´actuelle ? Pourrait-elle accepter d’autres modèles ? Il n’existe pas d’enquêtes directes répondant à ces questions, cependant, plusieurs études pouvant nous aider à cerner l’opinion générale à ce sujet ont été publiées. En Suisse, un pays caractérisé par une très forte densité d’hôpitaux généraux de proximité, l’association d’hôpitaux H+(1) réalise annuellement une enquête auprès de la population où sont analysées, parmi d’autres sujets, les attentes quant à l’organisation hospitalière. La dernière analyse réalisée arrive à une conclusion claire : la qualité prime sur la proximité. Ainsi, les citoyens souhaitent avoir une structure à proximité pour les urgences et les traitements répétitifs mais admettent d’autres solutions pour le reste des prestations.

Combien de temps seriez-vous disposé à vous déplacer pour obtenir les prestations suivantes ?

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Outre cette question de temps, 94% des répondants affirment que la qualité est plus importante que la proximité géographique de l’hôpital.

Si nous nous en tenons à cette enquête, il est évident que les citoyens ont besoin de services de proximité, mais doivent-ils être offerts au sein d’un hôpital général de proximité ? La réponse n’est pas définitive, mais nous commençons à observer des expériences indiquant que le rôle des hôpitaux de proximité devrait évoluer.

Un exemple de cette tendance est la Cleveland Clinic (2), qui, dans son nouveau plan stratégique, et motivée par les nouvelles modalités de financement, est en train de développer fortement la médecine générale et communautaire, en réorientant pour ce faire la mission des centres de son réseau hospitalier (y compris en en supprimant certains). Elle minimise pour cela leur éventail de spécialités en les transformant en centres de santé (ils ne s’appellent plus hôpitaux) spécialisés en urgences, médecine générale et gestion des maladies chroniques. La façon dont eux-mêmes définissent la mission de ces centres est très parlante :

« …Pour la première fois, Cleveland Clinic va au-delà des services de santé traditionnels en s’associant aux ressources communautaires dans un lieu unique… en se concentrant sur le traitement du diabète, de l’hypertension, de l’insuffisance rénale, la santé mentale, la santé de la mère et l’enfant et l’éducation en santé … ».

Un autre exemple qui va dans le sens d’une refonte du portefeuille de services des hôpitaux, cette fois-ci plus proche de nous, est la nouvelle réforme hospitalière en marche en Belgique, qui met l’accent sur le fait que l’hôpital doit être un élément de plus au sein du système de santé, et non son centre. Cela mènera à la formation de réseaux de soin, de telle façon que ce seront ces derniers qui seront financés, à la place des hôpitaux. Il faut souligner que la création de réseaux implique le développement de collaborations et alliances :

  • Entre hôpitaux généraux, entre hôpitaux généraux et universitaires, entre hôpitaux universitaires… pour partager des activités
  • Entre hôpitaux et prestataires « extra-muros » : médecins généralistes, infirmières à domicile, résidences, organisations de prise en charge à domicile…

Entre autre, la nouvelle réforme cherche à concentrer les prestations spécialisées et à promouvoir de nouveaux modes de prise en charge, ce qui implique de mettre à plat le rôle et les caractéristiques des actuels hôpitaux généraux de proximité.

Ces différents exemples nous permettent de conclure qu’il est temps, d’autant plus au regard de la situation financière des hôpitaux de notre environnement, de réfléchir au modèle d’organisation de l’offre que nous souhaitons proposer à la population afin de garantir la qualité de la prise en charge et l’accessibilité, de façon efficience et en tenant compte des ressources disponibles.

Une dernière réflexion, qui nécessiterait d’ailleurs un article dédié : l’accessibilité des services est-elle uniquement une question de proximité géographique ?

 


[1] www.hplus.ch

[2] hhttp://www.advisory.com/daily-briefing/2015/03/19/cleveland-clinic-rethinks-leadership

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