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Pourquoi l'efficience des systèmes de santé varie-t-elle

L’actuelle crise de financement a révélé un problème inhérent aux systèmes de santé de tous les pays : la nécessité d’améliorer l’efficience pour rendre durable un système qui tend systématiquement à croitre à un taux plus élevé que le PIB.

La relative simplicité avec laquelle l’analyse réalisée par le CIHIS (Centrale de donnée sanitaires canadienne) aborde ce thème attire ici notre attention. Les auteurs considèrent en effet :

 

  • Comme résultat: la mortalité évitable via l’intervention du système de santé.
  • 3 facteurs d’ajustement :

1.- Facteurs contextuels non influençables par le système de santé, tels que la proportion d’immigrants, de population aborigène ou d’études supérieures, les inégalités de rentes ou d’accès au système de santé ou la structure âge/sexe de la population.

2.- Facteurs cliniques comme la proportion de fumeurs, de personnes ne pratiquant pas d’activités physiques ou de personnes atteintes de conditions chroniques multiples.

3.- Facteurs opérationnels incluant des aspects relatifs à la gestion du système tels que le développement de l’attention primaire (% de médecins généralistes), la durée moyenne de séjour issu résultant de l’essor d’alternatives à l’hospitalisation, ou la part de patients traités dans des hôpitaux de référence.

À cela s’ajoutent les coûts du système dans chaque région du Canada pour analyser dans quelle mesure et de quelle façon ces variables influent sur l’efficience du système et la diminution de la mortalité évitable.

Les auteurs appliquent, sur la base de cette approche relativement sommaire, une analyse plurifactorielle DEA (Data Envolvement Analysis) démontrant que les variables analysées expliquent 50% de la variance des résultats obtenus.

La décomposition par types de facteurs est ici pertinente :

eficiencia

Comme nous pouvons le voir, les facteurs opérationnels (c’est-à-dire la structure et la gestion du système de santé) expliquent une partie de la variabilité de l’efficience presque aussi importante que les facteurs cliniques de l’état de santé et des habitudes, tandis que les facteurs sociodémographiques contextuels affichent un degré d’explication proche de la moitié de ces derniers.

Au fond, ils démontrent que même si l’état de santé de la population est davantage déterminé par des facteurs externes et cliniques, l’efficience pour l’amélioration de l’état de santé des patients est fortement déterminée (dans une proportion d’au moins un quart) par l’organisation et la gestion du système de santé.

De façon plus spécifique, ils considèrent que l’investissement en attention primaire constitue l’un des facteurs les plus déterminants de l’efficience d’un système de santé. À partir de l’analyse des indicateurs hospitaliers, ils établissent qu’une moindre durée moyenne de séjour liée à l’existence de niveaux alternatifs de soins ((impliquant le transfert des patients, et en particulier des personnes âgées atteintes de pathologies chroniques) est de nature à générer un impact plus important. Ils laissent également entendre qu’une augmentation du nombre d’heures d’infirmerie pour cas pondéré dans les hôpitaux participe positivement à l’efficience du système. Ceci implique que des dotations supplémentaires en infirmerie hospitalière contribuent à l’efficience du système.

Sur la base de tels constats, les auteurs estiment que les régions pourraient réduire la mortalité de 18 à 35% (soit 12.600 à 24.500 morts annuelles) en fonctionnant au maximum de leur efficience.

Les auteurs eux-mêmes évoquent la principale limite de leur analyse : le DEA ne garantit pas que les variables sélectionnées soient les plus pertinentes. Il apparaît toutefois intéressant d’observer l’influence qu’exerce chacune des variables sélectionnées (comme par exemple le pourcentage de médecins généralistes par rapport au total, laquelle constituerait à elle seule le sujet d’un article).

Il semble finalement indéniable que ce type d’étude, appliqué d’autres pays, avec des différences de dépenses de santé par habitant indéniables au niveau régional, pourrait contribuer à mieux cerner jusqu’à quel point ces différences participent à générer de meilleurs résultats de santé.


Référence

CIHI. Health system efficiency in

Canada: Why does efficiency vary among regions?. April 2014. [accès:

30-6-2014]. Disponible à: www.cihi.ca/cihi-ext-portal/pdf/internet/hse_short_aib_10apr14_en

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