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Les exclusions de médicaments des prestations pharmaceutiques : trois réflexions

Une perception déformée de l´ampleur réelle des mesures

Peu d´articles ont parlé du fait que l´on allait exclure en réalité 322 prestations au lieu des 416 [1] annoncées car 94 prestations listées sont des références qui ne sont déjà plus commercialisées à l´heure actuelle. Il faut noter que nous parlons de prestations et non de médicaments car, même si le terme médicament est parfaitement valable, il peut apporter une certaine confusion au moment d´évaluer la portée réelle du déremboursement ; c´est pourquoi le terme « prestations » est plus approprié. Finalement, nous observons que les 322 prestations restantes correspondent en fait à seulement 77 [2] principes actifs différents et à 17 indications thérapeutiques.

Il est intéressant de souligner que presque 3 prestations exclues sur 4 sont liées au traitement de 5 pathologies: infection des voies respiratoires, infections virales, toux, inflammations traumatiques (traitement par voie topique) et constipation.


Une simple mise à jour par rapport à beaucoup d´autres pays européens

Le ministre de l´économie le disait il y a peu: “Nous sommes en train de faire ce que l´Allemagne a fait il y a dix ans”. Même si ces déclarations ont été faites dans un cadre beaucoup plus large que le seul domaine de la santé, elles sont également valables au niveau pharmaceutique. Une grande partie des principes actifs exclus du remboursement public espagnol l´étaient déjà en Italie, en Allemagne, en France et au Royaume Uni. L´Espagne est en train d´exclure des prestations que d´autres pays européens ont déjà supprimées de leur portefeuille de remboursement public il y a un certain temps.


Un défi pour tous

Plus généralement, une stratégie de déremboursement de prestations représente un défi majeur pour les autorités de la santé. Nous faisons face à une crise du modèle de prise en charge, que la crise financière a aggravée ces dernières années. Ce genre de mesures constitue un premier pas de la part des ministères de la santé vers une révision continue du porte feuille de médicaments financés et vers l´établissement d´un cadre d´action cohérent dans lequel doivent primer :

  • Une plus grande responsabilisation du patient envers sa propre santé. Cette responsabilisation implique, en plus de l´adoption de saines habitudes de vie, de faire payer au patient une partie du coût de ses prestations pharmaceutiques. N´oublions pas  que selon les pays d´Europe, il existe un rapport pouvant aller de 1 à 3 au niveau de la somme payée par les patients.
  • Une utilisation plus efficiente des ressources. Les avancées de la recherche et la mise sur le marché de produits plus innovants rendent nécessaire la mise en place d´une priorisation de la part des gouvernements pour décider de ce qui doit ou non être remboursé. Ceci est particulièrement vrai pour des pays comme l´Espagne, où le modèle de santé n´a que très peu évolué ces 20 dernières années.


Défi pour les médecins. Dans ce contexte, le défi pour les médecins sera de choisir la meilleure option thérapeutique pour chaque patient, que le médicament soit remboursé ou non. Pour ce faire, les médecins doivent avoir la possibilité de prescrire un médicament “non remboursé”, et de l´introduire dans la base de données du patient, pour qu´il soit enregistré dans son dossier patient informatisé. De cette façon, les médicaments exclus de la liste de prestations pharmaceutiques remboursées continueront d´apparaitre dans les bases de données de prescriptions.

Défi pour les pharmaciens. Ils doivent assumer un rôle plus important dans la prise en charge du patient, en le conseillant dans l´utilisation de leurs médicaments et en établissant un cadre efficace d´auto gestion de leur santé.

Ces trois acteurs peuvent provoquer un changement culturel dans l´auto prise en charge et l´implication des patients dans leur santé sur deux aspects: coparticipation économique et responsabilisation envers leur santé. Sans une action claire et coordonnée de ces trois acteurs, nous ne pourrons pas avancer vers une utilisation efficace et efficiente des médicaments, et nous resterons à mi-chemin, réduisant, certes, certains coûts directs mais augmentant d´autres prestations de santé plus coûteuses.

 



[1] 426 prestations dans la liste prévisionnelle et 416 dans la définitive
[2] 81 principes actifs dans la liste prévisionnelle et 77 dans la définitive.




Vous trouverez plus d´information dans le rapport : Antares BioFARMAFlashTrack– Lista de medicamentos excluidos de la prestación farmacéutica en el Sistema Nacional de Salud

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