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Les enjeux de la gestion des risques hospitaliers

Des tendances de fond

Face à ces enjeux, qui représentent également, un coût sociétal considérable, les autorités de santé se mobilisent. Dans tous les pays européens, les autorités publiques renforcent leurs dispositifs de gestion des risques et imposent des standards de qualité à la hausse (certifications, respect des normes, seuils d´activité, benchmark). En Belgique, le ministère de la santé (SPF), va même jusqu´à imposer un cahier des charges intégrant des règles de reporting.

Au niveau international, on constate l´émergence d´organismes tels que l´OMS ou l´IHI (Institute for Healthcare Improvement) qui diffusent des référentiels, des préconisations sur la gestion des risques et contribuent au lancement de vastes campagnes de sensibilisation et de prévention comme «High 5S», «Safe Surgery», «Saves Lives», «100K campaign», «5 million lives campaign», etc. Ces dernières bénéficient d´un fort rayonnement qui génèrent émulation et mobilisation: puissance de la dimension internationale et du volontariat, pouvoir de conviction supérieur à celui des autorités locales, actions marketing dont bénéficient indirectement les prestataires de soins.

Par ailleurs, dans de nombreux pays (France, Canada, USA, etc.), les hôpitaux financés à l´activité, sont soumis à une pression concurrentielle croissante sur des marchés où les patients ont le choix du lieu de leur hospitalisation. Ces derniers, de plus en plus dans une position «d´acheteur», ont à leur disposition un nombre croissant de sources d´informations (associations de patients, blogs et portails sur les questions de santé, publications de comparatifs entre hôpitaux) et leur choix se porte sur l´établissement disposant des meilleurs résultats.

Au niveau des services cliniques et médico-techniques, certaines spécialités sont plus fortement impactées que d´autres par ces problématiques de sécurité comme par exemple, la pharmacie clinique qui doit mettre en place des moyens de lutte contre les erreurs médicamenteuses et réorganiser complètement le circuit du médicament (notamment en France), la gériatrie avec des questions relatives à la polymédication, aux chutes, à la nutrition, aux escarres mais également la radiothérapie (irradiation), la chirurgie (intervalle libre et checklist), la réanimation (VAP, KT centraux), etc.


La mobilisation des professionnels et des institutions est-elle à la hauteur du phénomène?

Les hôpitaux sont encore en train de se positionner sur le sujet et leur niveau de maturité est relativement faible: peu de moyens accordés pour la gestion des risques, déficit de légitimité des personnes en charge de ces questions, manque de coordination et d´impulsion institutionnelle, prévalence de la culture de la faute et de la sanction sur celle de la qualité, manque de formation et de sensibilisation, méfiance vis-à-vis de la chronophagie de ces dispositifs, faiblesse des outils dédiés, etc.

Un sondage informel effectué en 2011 sur un échantillon d´établissements auprès desquels nous travaillons révélait que 25% des hôpitaux ne disposaient d´aucun outil de gestion des risques, que 50% travaillaient avec plusieurs outils et que seul un quart des hôpitaux disposaient d´un outil unique couvrant l´intégralité du périmètre fonctionnel de la gestion des risques.


Quels leviers pour développer une culture de la sécurité au sein des établissements de santé?

  • Un besoin de professionnalisme et d´engagement pour le patient en premier lieu.
  • Une nécessité de se conformer aux normes et à la règlementation en vigueur et d´anticiper leurs évolutions.
  • Le développement d´un avantage concurrentiel: aujourd´hui la transparence et l´affichage d´indicateurs de résultats cliniques devient un facteur de différenciation essentiel pour les prestataires de soins (exemples de la Mayo Clinic et de la Cleveland Clinic aux USA).
  • Un levier managérial de la part de l´encadrement de proximité comme du top management: l´excellence au cœur des projets, le développement du leadership médical et soignant dans les projets structurants.
  • La reconnaissance du risque élevé de l´activité et de l´impact du stress sur la sécurité des soins prodigués aux patients par les professionnels de première ligne
  • Le déploiement d´outils informatiques dédiés favorisant la notification des événements indésirables, leur analyse, la mise en place d´actions d´améliorations dans l´établissement ainsi que le pilotage opérationnel et stratégique.

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[1] Etude IHI (Institute for Healthcare Improvement) - Health Affairs, avril 2011
[2] Etude DREES - Les événements indésirables graves associés aux soins observés dans les hôpitaux - 2004/2009
[3] Etude Millman, Inc. pour la Society of Actuaries - HealthLeaders Media, 11/08/10
[4] Etude DREES/IRDES – Surcoût des événements indésirables associés aux soins à l´hôpital - Décembre 2011

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